Contraintes : * utiliser "rappelle toi" à plusieurs reprise dans le texte.
* un "je" parle à un "tu" d'un "il ou elle" que le "je" et le "tu" connaissent forcément.
"-Rappelle-toi ce jour de septembre...tu sais...le jour où il a décidé de prendre son envol pour la première fois. On avait dit ça parce que c'était plus poétique, plus aérien. Ce jour là le ciel était lourd et menaçant. Il semblait prêt à tout engloutir. Mais lui il n'avait pas peur. Au contraire. Le défi et l'excitation étaient plus forts.Et là-fois où nous étions au camping dans les Cévennes. Tu étais encore petite. Tu te rappelles c'était l'année où tu avais un petit short rouge avec des coccinelles. Tu ne voulais plus le quitter, même pas pour aller dormir. Mon Dieu...la chaleur était étouffante! Le camping plein à craquer. Et soudain la pluie s’était mise à tomber en cascade. Non-stop pendant des jours et des jours. Et lui il avait disparu... Il était parti trois jours plus tôt. Quand la pluie avait commencé il n'était pas encore en retard. Mais deux jours après, il n'était toujours pas là. Les parois avaient été essuyées, les bois et les ravins dragués, les hôpitaux essorés. Rappelle-toi comme tu avais pleuré. Je n'arrivais pas à te calmer. Un peu comme le temps... J'avais beau le connaître, l'avoir pratiqué depuis des années, j'étais très inquiète. Je lui en voulais même de nous faire vivre ça, cette vie, ces angoisses. Pourtant c'était tellement lui... Quand il est réapparu, trempé, le sourire aux lèvres, toute ma colère, et mon angoisse, se sont envolées d’un coup. J'avais été idiote. J’aurais du le savoir. Bien sûre qu'il allait revenir sain et sauf. Comme toujours...
Et rappelle-toi aussi le jour où il a décidé de faire des transformations dans la maison. Encore une idée foireuse. Y a qu’à voir les travaux ne sont toujours pas terminé! Il a tout cassé puis il s'est lassé. Un treck au Pérou l'a vite rappelé à l'ordre et fait remonter dans les airs. Tu te souviens de son énorme sac à dos rouge le jour où il a pris l'avion? Il était difforme. Ses chaussettes pendaient d'un côté et une casserole de l'autre. Et sa doudoune d'un autre temps... rafistolée, soignée à l'elastoplast... Il avait même déjà mis le bonnet que tu lui avais tricoté. C'était son porte bonheur. Il l'adorait... Tu te souviens de son sourire radieux à l'idée de partir...de nous quitter un peu au fond. C'est la dernière image que je garde de lui. Son bonheur."
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