samedi 6 avril 2013

Chair tendre

Old stuff...
Les sons et les sentiments se mêlent dans l'espace clair. Les feuilles, d'un beau vert anis, se balancent doucement. Ces feuilles, si tendres, qu'une rafale un peu trop forte pourrait entamer leur jeune chair.
L'enfant jette un regard vers sa mère. Il rit. Il est à la fois fier et terrorisé.
Quand donc cet engin cessera-t-il de tourner?
Eux aussi se le demandent. Car ils sont nombreux à éprouver cette même terreur glacée et sans âge, mêlée de fierté. Et eux aussi dans ces instants suspendus, se tournent vers leur mère.
Oui! Ils l'ont fait! Ils sont glorieux. Ce sont des conquérants. Des conquérants qui s'élèvent vers des sommets sans fin. Des conquérants au bord de l'étourdissement. Des conquérants de l'impossible.
Tout tourne.
"Hé, là! Poussez-vous! Qui ose siéger sur mon trône?" Un cri, un coup de sifflet. Trop tard. Tout est fini... pour cette fois-ci. La proie a montré sa faiblesse et le fauve, sans même une hésitation, a fondu sur elle l'éliminant de la partie. Car ici, c'est par la force que l'on peut régner. "Toi, le faible, écarte-toi. Ta place n'est pas ici. Retourne dans les jupons de ta mère." Chacun veut sa place. Mais tous n'obtiennent pas celle qu'ils convoitaient secrètement. Rapport de force cruel et quotidien.
Est-ce que cela va s'arrêter?
Le seigneur a besoin se son serviteur. Seul il ne peut rien accomplir. Seul il a peur, il est faible.
"Ma tête! Arrêtez!"
Il le regarde avec dédain, le jauge. Il cache sa curiosité et sa solitude dans son attitude détachée. C'est lui le maître, le guerrier victorieux.
Tout est flou. Les couleurs se mêlent, s'enlacent, s'embrassent. Ce qui était visible ne l'est plus. Juste des taches en mouvement. Où est-il? Que voit-il?
"Mère! Pourquoi m'as-tu abandonné?" La peur ressert un peu plus son étau.
Il faut que cela s'arrête!
Mais, déjà, une nouvelle angoisse point en lui. Si cela s'arrête, est-ce que cela recommencera ou est-ce que cela sera simplement la fin?
Soudain tout s'arrête.
     De son piédestal, la statue lasse sourit. Elle aussi voudrait faire un tour de manège.



vendredi 8 mars 2013

Le son d'un avion

Le son d'un avion qui passait me fit monter les larmes aux yeux. En un instant il me fit voyager dans le temps et je me retrouvais un été d'enfance harassée par la chaleur et les cigales. Et cette conscience soudaine du temps qui passe. La vieillesse, sa lenteur et sa résignation étouffante. L'inconstance de la vie... Des gens, aujourd'hui disparus, évoquant des moments appartenant à l'histoire mais sûrement pas au présent. Linéarité temporelle qui donne la nausée. Je me disais: "et si demain c'était moi?" Demain est là. Un simple avion...

samedi 23 février 2013

"Ce n'est pas vrai que les morts vont au ciel !"

Ce n'est pas vrai que les morts vont au ciel. Je le sais bien parce que mon papy est mort. Et il habite toujours à la maison avec nous. C'est pour ça que maman n'aime pas quand on nous rend visite à l'improviste. Les gens croient que les morts vont au ciel, alors ils ne comprendraient pas que papy soit toujours là. Du coup, quand quelqu'un vient à la maison c'est le branle bas de combat. Allez oust, papy, au placard ! On ne le met pas vraiment dans le placard (on n'est pas fou, il s'étoufferait). Non, quand il y a des invités, on glisse papy sous le tapis, celui de la salle à manger, devant la cheminée. Là, il est bien. Il peut profiter de la conversation sans que les visiteurs ne se doutent de rien. Et en plus, en hiver, il est bien au chaud près du feu.Je ne le savais pas, mais papy me l'a appris: les morts, quand ils sont morts, ils ont toujours froid. Depuis, je me pose des questions. Je me demande si la voisine, Madame Planton, n'est pas morte sans le savoir. Déjà parce qu'elle est vraiment très, très, très, très vieille. Mais surtout, été comme hiver elle est recouverte de tout un tas de châles et elle porte de grosses chaussettes en laine. Si elle est morte, ça m'embête un peu. Je l'aime bien Madame Planton. Mais, d'un autre côté, ça pourrait faire une amie pour papy avec qui faire des trucs de gens morts.

Parce qu'il est un peu seul mon papy. Il n'y a que lui qui est mort dans notre maison. Et puis mamie, sa femme, sa compagne de toujours, elle n'est plus avec nous. 
Mais pas parce qu'elle est morte. Il y a quelques temps, elle est partie avec un autre monsieur. Ils sont allés vivre en Argentine alors on ne les voit pas souvent. D'ailleurs, mamie n'a jamais revu papy depuis qu'il est mort. C'est lui qui ne veut pas. Il est un peu en colère après elle. Il dit que c'est un peu fort quand même ! Lui, il a toujours voulu voyager, parcourir le monde mais mamie, elle n'a jamais été d'accord. Et maintenant qu'il est mort, elle attend juste qu'il soit froid et elle part s'installer à l'autre bout de la planète ! Et puis, il dit qu'il ne veut pas qu'elle le voit dans cet état. Ça lui ferait un trop gros choc et elle risquerait d'y passer elle aussi. Et papy, il dit qu'il veut avoir la paix maintenant qu'il est mort.

Moi, j'essaie de ne pas trop le déranger, papy. Je viens parfois lui demander de jouer avec moi ou de me lire une histoire, quand papa et maman ne sont pas là, mais c'est tout. De toutes façons, papy il ne veut rien faire d'autres que rester devant la petite fenêtre du garage (que papa a gentiment aménagé pour que papy puisse y dormir). Il ne veut plus jouer aux petits chevaux ou à cache-cache, comme avant. Pourtant, on rigolait bien. Maintenant, il reste des heures, assis, à 
contempler l'extérieur. Un jour, je lui ai demandé ce qu'il regardait tout le temps comme ça. Il m'a dit qu'il observait l'éternité s'écouler et qu'il commençait à trouver le temps sacrément long, bon sang de bon soir. Je lui ai dit de regarder autre chose alors, si c'est si ennuyeux l'éternité. Mais, il n'a pas bougé. Il a soupiré et il m'a donné une petit tape sur la tête en me disant de filer parce que c'était l'heure de goûter. 

Maman et papa sont un peu inquiets que papy ne veuille rien faire. Ils parlent souvent de lui, le soir dans leur chambre. Je les entends essayer de chuchoter. Maman dit que papy fait une dépression et qu'il devrait aller voir un spécialiste. 
Mais papa n'est pas d'accord. Il dit: "Mais tu n'y penses pas ! Que diraient les gens s'ils savaient qu'un mort vit depuis bientôt deux ans avec nous, comme si de rien n'était". Et après ça, maman se met à pleurer parce qu'elle est triste pour papy. Et papa la console en lui disant que ça va s'arranger, que ça va passer. Ensuite, je m'endors parce qu'il est tard et que c'est fatiguant d'essayer d'écouter les conversations.

Et puis, ce matin c'était le printemps. Au petit déjeuner, j'ai vu que quelque chose avait changé. Papy était différent. Sa bouche souriait un petit peu et ses yeux étaient très brillants. Je l'ai même surpris en train de siffloter en sortant de la salle de bain. La dernière fois que je l'avais vu aussi content il était encore vivant.
En début d'après-midi, papy est venu me demander s'il pouvait m'emprunter mon sac de sport, celui avec les petits lapins dessus. Il m'a dit qu'il en avait vraiment besoin mais qu'il ne savait pas quand est-ce qu'il pourrait me le rendre, que ça serait peut-être dans très longtemps. Je lui ai dit que ce n'était pas grave et que, de toutes façons, c'était un sac pour les bébés. Papy m'a fait un grand sourire et m'a dit que j'étais un brave petit. Je lui ai demandé pourquoi il avait besoin de mon sac et pourquoi il était si content. Mais il m'a fait "chut!" et il est allé s'enfermer dans le garage. Puis, maman m'a appelé parce qu'il était l'heure 
d'aller à mon cours de judo et je suis parti.

Ce soir, quand je suis rentré avec papa, on a trouvé maman en train de pleurer dans la cuisine. La fenêtre du garage était ouverte. Papy était parti.

dimanche 17 février 2013

Point de vue _ 3ème partie

Proposition du jour: troisième volet
Troisième point de vue. Point de vue de celui dont on parle dans les deux premiers textes (le "il" donc). Il arrive, il raconte sa propre version des faits, sa propre vérité. C'est-à-dire qu'il nous dit qui il est, ce qui est vrai. Version qui peut-être totalement différente de celles des deux autres. C'est peut-être celui qui va déterminer le coeur du récit, c'est-à-dire ce qui palpite, ce qui irradie de l'ensemble du texte et dire ce que le texte a à dire. Penser: réseau sémantique, "couleur" des mots. Se représenter comment il bouge, comment il est, comment il voit le monde. Point de vue qui s'inscrit dans une temporalité. Soit il prend la parole dans le même temps que les deux premiers narrateurs, soit il le fait dans une toute autre temporalité.

"- Voilà. J'y suis. A bien des moments dans ma vie j'ai failli atteindre ce but, mais c'est aujourd'hui que finalement j'y arrive. Bien involontairement. Enfin, j'ai quand même un peu provoqué le destin. Comme à chaque fois. Sinon rien ne se serait passé. Jamais. Tout a une fin, moi y compris. Alors je devais bien prendre les devants, l'initiative sur tout. Provoquer la vie sans cesse. Pas d'ordinaire. Jamais. Pas de routine. La vie de famille: très peu pour moi. Le mariage, le gosse,... Je les ai faits mais, finalement, juste pour le faire. Histoire de dire que je connaissais, que je pouvais le rayer de la liste. Au final, ça c'est bien avéré être une erreur. Je m'en serais bien passé. Ça ne m'a rien apporté. Ca m'a juste compliqué la vie...sans plaisir...sans adrénaline. Je suis peut-être un salop. Mais pourquoi ? Pourquoi n'aurais-je pas le droit de réfuter ce choix que j'avais fait quelques années plus tôt. C'était une erreur. C'était pas mon truc. Et alors ? Je n'ai rien fait pour les faire souffrir. Au contraire. Quand j' repense à ma vie, les moments les plus durs ne sont pas liés à mes petits trafics et aux cassages de gueules qui les accompagnaient, ni à mes tentatives irraisonnées de pousser mes limites à l'extrême, ni même la fuite et la solitude. Les moments de souffrances sont liés à ma femme et à ma fille. J'étais prisonnier. Pourtant elles ne faisaient rien pour. Elles m'aimaient. J'étais prisonnier de cet amour que je ne savais pas rendre... Plusieurs fois j'ai failli ne pas rentrer. Dans les Cévennes. La pluie c'est mise à glisser sur moi. Je me suis vu fondre, disparaître. Une telle occasion ne se représenterait peut-être plus jamais. Mais j'sais pas pourquoi, pour la première fois j'me suis dégonflé. J'ai pas pu. Et je suis rentré, comme si de rien n'était. Elles étaient si heureuse de me revoir. Ça m'a fait quelque chose. Comment pouvaient-elles être si attachées à moi ? Et moi si détaché d'elles ? Et comment ne pouvaient-elles pas voir ?
Je faisais tout pour m'échapper et toujours elles me soutenaient. Et puis un jour, avec le Breton, on a eu l'idée d'un gros coup. J'ai dit qu'on allait faire un trek au Pérou. Mais en fait j'allais disparaître de la surface de la Terre. Personne ne savait mis à part lui. Et le matin du 8 juillet 1982, après une chute vertigineuse ne laissant que peu d'espoir sur mon sort, mon corps à disparu dans les profondeurs neigeuses pour renaître. Ma dépouille n'a jamais été retrouvée. Seul mon bonnet attesta de ma présence. Ma vie a été longue. J'ai été heureux, insouciant, libre. J'ai consommé mon existence jusqu'à la dernière miette, jusqu'à l'écoeurement. Jusqu'à cet après-midi je ne regrettais rien.
Quand je l'ai vu entrer dans le bar de l’hôtel, je l'ai reconnue tout de suite. Comme moi, elle avait vieilli, mais elle était la même. Son regard a fureté, détaillé et m'a déniché. J'ai compris alors que, malgré toutes mes "précautions", je l'avais détruite. En croyant les sauver de moi je les avais faites souffrir comme jamais je ne l'avais fait en fuyant près d'elles. Et c'est avec surprise que j'ai réalisé, quand la balle m'a atteint, que c'est elle, la compagne que j'avais niée, qui allait me donner la plus grande décharge d'adrénaline de ma vie, la chance de vivre l'exceptionnel.
Voilà. J'y suis. Je touche au but ultime de mon existence. Et encore une fois je sens que je vais me dégonfler. A présent je meurs. Pour la première fois je comprends qui je suis. Je ne suis pas un super-héros. Je suis un homme...je suis un homme qui, toute sa vie, aura eu peur."

Point de vue _ 2ème partie

Proposition du jour: suite proposition précédente.
Un deuxième point de vue. Cette fois-ci, point de vue du "tu", toujours à propos de la 3ème personne. Il donne sa propre version des choses, apporte des compléments et dit, peut-être, des choses que "je" (l'ancien) ne connaît pas. Autre voix, autre sémantique, autre "monde intérieur". Autre façon de s'exprimer. Mots à lui. Peut-être pas du tout même représentation du "il". On peut faire un dialogue avec réponses point par point au premier texte (ou pas). Cela peut également être un monologue intérieur (pendant que l'autre parle, par exemple).

"- C'est amusant. Je me souviens de tout ce que tu me racontes, mais c'est plus ou moins précis dans mon esprit. Pour moi, c'est comme s'il n'y avait eu qu'un seul grand moment, une seule période. Le camping, le Pérou, le deltaplane... Pour moi tout est mêlé. C'est l'époque avec lui. Après tout, pour moi c'est la seule époque. Toi tu as eu d'autres moments, avant, seule avec lui. Et même si maintenant tu n'en gardes qu'un souvenir heureux, je réalise que ça n'a sûrement pas été toujours facile pour toi. Mais pour moi, les choses étaient très différentes. Je n'avais pas peur pour lui. Je pensais qu'il était un super-héros.  Peut-être que c'est le cas de tous les enfants. Ils voient leur père comme un héros. Mais pour moi ça n'était pas ça. Je savais juste qu'il était réellement un super-héros. Il faisait tout ces trucs un peu dingue, il n'avait peur de rien, il était toujours parti... et surtout il ne faisait pas de choses ordinaires.  Tiens regarde, une des rares choses qu'il a voulu faire comme tout le monde s'est retaper la maison. Et le mur derrière le garage a toujours un énorme trou. Mais c'est normal... Il n'avait pas le temps. Batman aussi doit tout laisser tomber quand il doit aller combattre le crime.
Moi, ça ne m'a jamais dérangé qu'il ne soit pas toujours là. Je savais que c'était parce qu'il avait du pain sur la planche. Il venait d'enfiler ses collants rouges, son pull bleu marine et se battait quelque part, sûrement contre l'effroyable professeur Fritz son redoutable ennemi de toujours.
Je savais que je ne devais pas me comporter comme une égoïste. Le monde avait besoin de lui...je faisais partie du monde...donc papa était avec moi.
Tu sais, quand je lui ai tricoté ce “superbe” bonnet en laine c'était en pensant améliorer sa tenue de justicier. Je voulais qu'il ait quelque chose d'original, qui le différencie de tous les autres super-héros. Et puis je ne voulais pas qu'il attrape froid pendant un de ses vols de nuit...
Parfois, quand j'étais couchée et qu'il n'étais pas encore rentré, j'imaginais qu'il survolait notre maison où qu'il était assis sur le toit à l'écoute des rumeurs de la nuit..mais quand même, là, près de nous. J'attendais qu'il vienne m'embrasser pour lui demander comment ça s'était passé. Bien sûr, je comprenais que tout ça devait rester secret et qu’il ne pouvait pas me dire quels exploits il avait vraiment accomplis. Mais je décodais à travers ses allusions à ses prouesses sportives. Je me savais privilégiée. Je partageais son secret, il le savait, mais nous continuions à faire semblant.
Je me suis souvent demandée s'il travaillait seul. Et puis un jour, je ne sais pas si tu te souviens de ça, un de ses amis grimpeurs était passé à la maison. C'était le Breton je crois. Tout de suite j'ai su. C'était un "collègue de bureau" de papa. Il avait donc une équipe. La cordée devait être le nom qu'il lui donnait. Je me rappelle que j'étais allée fouiller dans la veste du Breton. Je ne sais pas... j'espérais trouver quelque chose, mais quoi? Un masque, un dématérialiseur, une photo de papa en collants... Peut-être juste une confirmation. Bien sûr, à part une pièce de deux francs, que je lui ai volée, ma quête avait été vaine. Pourtant cela n'avait fait que renforcer mes croyances sur papa et sur la vie parallèle qu'il menait.
Et quand il a disparu au Pérou, je ne me suis pas inquiétée. Encore moins quand on a retrouvé son bonnet. J'aurais voulu te dire: "Maman, arrête de pleurer. C'est rien. Il va rentrer. C'est juste un plan qu'il a mis en place pour contrer l'infâme Fritz. Le bonnet est un message pour nous dire que tout va bien". Mais j'étais tenue par le secret. Notre secret. Un jour, une fois sa mission finie, il réapparaîtrait, comme à chaque fois, le sourire aux lèvres et un petit cadeau pour moi. Je lui en voulais juste un peu de ne pas t'avoir mise au courant. Je trouvais ça un peu cruel. Mais pourtant, je comprenais qu'il n'avait pas eu le choix. La mission avant tout. Et, parce qu'il était un super-héros, je l'ai attendu...longtemps. Tu sais, le jour où j'ai vraiment compris que c'était fini c'est quand un copain à l'école m'a prêté une BD qui était à son frère. C'était une histoire de Superman. Dans cet épisode là, Superman se faisait tuer. Tous les autres héros pleuraient. Personne ne trouvait ça absurde ou même impossible. Et tout d’un coup j'ai compris. Un super-héros a des super-pouvoirs, de grandes capacités. Mais un super-héros n'est en aucun cas immortel. Cette époque ça a coïncidé avec la perte de Ringo. Je te disais que j'étais triste parce qu'on ne le retrouvait pas. Maintenant je peux te le dire: c'est moi qui l'avais laissé volontairement s'échapper. Il me fallait un alibi pour pleurer la disparition de papa. Et tu sais, c’est ridicule mais, parfois il m'arrive encore d'essayer de croire à tout ça...la mission, les collants,les super-héros...et j'attends son retour."

Point de vue _ 1ère partie

Proposition du jour: première partie d'un travail
Contraintes : * utiliser "rappelle toi" à plusieurs reprise dans le texte.
* un "je" parle à un "tu" d'un "il ou elle" que le "je" et le "tu" connaissent forcément.

"-Rappelle-toi ce jour de septembre...tu sais...le jour où il a décidé de prendre son envol pour la première fois. On avait dit ça parce que c'était plus poétique, plus aérien. Ce jour là le ciel était lourd et menaçant. Il semblait prêt à tout engloutir. Mais lui il n'avait pas peur. Au contraire. Le défi et l'excitation étaient plus forts.Et là-fois où nous étions au camping dans les Cévennes. Tu étais encore petite. Tu te rappelles c'était l'année où tu avais un petit short rouge avec des coccinelles. Tu ne voulais plus le quitter, même pas pour aller dormir. Mon Dieu...la chaleur était étouffante! Le camping plein à craquer. Et soudain la pluie s’était mise à tomber en cascade. Non-stop pendant des jours et des jours. Et lui il avait disparu... Il était parti trois jours plus tôt. Quand la pluie avait commencé il n'était pas encore en retard. Mais deux jours après, il n'était toujours pas là. Les parois avaient été essuyées, les bois et les ravins dragués, les hôpitaux essorés. Rappelle-toi comme tu avais pleuré. Je n'arrivais pas à te calmer. Un peu comme le temps... J'avais beau le connaître, l'avoir pratiqué depuis des années, j'étais très inquiète. Je lui en voulais même de nous faire vivre ça, cette vie, ces angoisses. Pourtant c'était tellement lui... Quand il est réapparu, trempé, le sourire aux lèvres, toute ma colère, et mon angoisse, se sont envolées d’un coup. J'avais été idiote. J’aurais du le savoir. Bien sûre qu'il allait revenir sain et sauf. Comme toujours...
Et rappelle-toi aussi le jour où il a décidé de faire des transformations dans la maison. Encore une idée foireuse. Y a qu’à voir les travaux ne sont toujours pas terminé! Il a tout cassé puis il s'est lassé. Un treck au Pérou l'a vite rappelé à l'ordre et fait remonter dans les airs. Tu te souviens de son énorme sac à dos rouge le jour où il a pris l'avion? Il était difforme. Ses chaussettes pendaient d'un côté et une casserole de l'autre. Et sa doudoune d'un autre temps... rafistolée, soignée à l'elastoplast... Il avait même déjà mis le bonnet que tu lui avais tricoté. C'était son porte bonheur. Il l'adorait... Tu te souviens de son sourire radieux à l'idée de partir...de nous quitter un peu au fond. C'est la dernière image que je garde de lui. Son bonheur."



samedi 2 février 2013

Un Long Voyage

L'eau avait commencé à manquer. La situation était critique. L'Homme devait se contenter de substitue. L'effet sur l'organisme était néfaste et beaucoup moururent. Beaucoup d'autres se donnèrent la mort ne pouvant supporter d'assister à la fin de leur monde. Le désespoir s'empara des âmes. La désolation régnait. L'heure était grave depuis bien longtemps. Mais personne n'avait eu le courage de regarder la montre en face. Et le temps avait couru... battant son propre record.
Les recherches menées par les scientifiques étaient diverses et variées. Mais aucune n'avait été porteuse d'espoir ou de solution. Pourtant s'il restait quelque chose à faire à présent il fallait agir vite.
Et finalement c'est ce qu'ils firent.
A l'aube du crépuscule du monde, une découverte fut faite, et elle précipita l'enchaînement des évènements. Les scientifiques découvrir, dans un autre système solaire proche du notre, une planète toute semblable à la Terre: composition, poids, température,... Il fut décidé que cette petite planète, voisine d'une naine rouge, allait être le salut.
S'il est vrai que l'idée était séduisante, le désespoir aidant, un immense obstacle se dressait toutefois sur la voie du salut: l'Homme n'était pas prêt pour une telle aventure. L'Homme n'était pas prêt techniquement, politiquement, psychologiquement. L'idée de sacrifice, pour prendre un exemple, n'était pas assimilé par les esprits. Chacun savait que tous ne pourraient pas être évacués mais aucun ne s’imaginait être le sacrifié. Toujours le voisin. Et lorsque la technique fut plus ou moins prête, l'annonce fut faite que, comme autrefois déjà, un grand tirage au sort aurait lieu pour désigner les survivants, les émigrés, l'espoir de l'Humanité. Le "grand jeu" eu lieu. Mais soudain l'Homme douta. De ses dirigeants, de ses concitoyens, de ses voisins. Il accusa les hautes sphères de tricherie. Il ne croyait pas au sort, au hasard. Certaines élites profitèrent de ce tollé pour exprimer leur désaccord envers l'option choisie. Ils parlèrent d'inégalité, d’anti-démocratie, de manipulation, de pots-de-vin. Des émeutes éclatèrent un peu partout. Affrontements généralisés. A nouveau beaucoup moururent. L'Homme étaient désespéré. Les “heureux élus” furent assassinés, jetés en pâture au monstre aux yeux verts. L'homme est un loup pour l'homme la preuve en était encore faite. Et alors que la planète mourante était à feu et à sang, dans une tentative d'euthanasie de la part de ses enfants, quelques politiciens, penseurs, personnalités, partir sur la pointe des pieds. Et avec eux parti les derniers représentants de l'Humanité.
La fusée dans laquelle ils embarquèrent avait été conçue pour ce grand voyage. A son bord on pouvait manger, respirer sans se soucier de rien ou presque. Bien heureux. La fusée, qui était partie pour un vol de 10 ans, erra dans le nuit étoilée pendant plus de 45. Ils tournèrent en rond, la fusée filant en suivant un chemin sans fin.
Certains des passagers moururent de vieillesse, d'autres d'ennui. D'autres au contraire s'accrochèrent désespérément à la vie trop désireux de connaître cette nouvelle terre, ce nouvel El Dorado; trop désireux d'être sûr que l'homme n'allait pas s'éteindre dans cet univers glacé.

Un jour enfin le ciel s'ouvrit devant eux. Une route fut suivie. Le chemin avait été trouvé. Il était tracé comme si la planète les attendait depuis toutes ces années et les appelait à elle.
Terre 2 était comme ils l'avaient rêvée: parfaite. Cela aurait pu être troublant... mais pas pour l'Homme.
L’eau coulée en abondance. L'Homme fit rapidement le tour de son nouveau joyau mais ne trouva aucune trace de vie.
L'Homme était satisfait et avait l'esprit tranquille. Il n'y avait sur cette planète rien dont il ait à se méfier. A part peut-être de lui-même...
L'Homme était puissant, il en était convaincu. Il avait survécu à l'extinction de sa propre planète et, grâce à sa science, il avait réussi à en trouver une autre en tous points semblable et avait réussi à s'y rendre. L'espèce était sauve. L'Humanité allait pouvoir se recréer, ailleurs. Finalement l'Homme s'exportait plutôt bien.

L'Homme s’implanta. Très vite. Il construisit de quoi se loger. Il creusa pour tirer les substances utiles. Il édifia. Il fit de Terre 2 l'image de la Terre. Sur tout les plans. Et en peu de temps les mêmes problèmes se présentèrent. Terre 2 commençait à souffrir. L'Homme n’avait toujours compris qu'il n'était qu'un locataire et que l'univers ne tournait pas autour de lui. Il était toujours égoïste et à nouveaux des conflits éclatèrent.
Et alors que les hommes se déchiraient une épidémie apparue. Rapide, contagieuse, virulente. En moins d'un mois la planète entière était contaminée et en 3 mois l’Homme s’était éteint. Il eu juste le temps de réaliser ce qui lui arrivait, juste le temps de comprendre qu'il ne pourrait rien faire et qu'il allait mourir. Juste le temps de comprendre que son nouvel El Dorado le tuait.
En moins d'un siècle l'Homme avait disparu de la surface de l'Univers. Le gêneur ne gênerait plus. Terre 2 avait terminé son oeuvre. Comme à chaque fois. La Terre pouvait reposer en paix. L'ordre avait été rétablit. Et comme à chaque fois l'Univers ne s'en porterait que mieux.
A présent la planète se refaisait une beauté et attendait la suite.