dimanche 21 mars 2010

Adolphe Lee

Travail sur la force des noms propres car les noms propres ont une grande importance dans la vie.


Adolphe Lee est né à Honk-Kong. La date de sa naissance reste inconnue à ce jour. Demi-frère de Bruce, il ne connu pas le même destin glorieux. Ce qui fut peut-être une chance pour lui qui vécu jusqu'à un âge avancé (106 ans selon certaines sources).
Sa mère, une alsacienne partie s'exiler dans l'exotique Asie, fuyait un destin tragique. Suite à une maladresse elle avait mit le feu à l'église du village un soir de messe de Noël. Hélas pour elle, la moitié du hameau périt dans l'incendie et elle préfèra quitter le pays plutôt que d'affonter ses responsabilités.
Sa rencontre avec monsieur Lee, père d'Adolphe, se fit dans d'assez vagues circonstances. Toujours est-il qu'il s'en suivit, neuf mois plus tard, la naissance du petit Lee.

Adolphe Lee était un enfant joyeux mais quelque peu turbulent. Son caractère s'assombrit irrémédiablement quand à la mort de sa mère, alors qu'il n'avait que quatre ans, il dut rejoindre la demeure paternelle. Jusque là Adolphe n'avait connu qu'une douce présence féminine et n'imaginait pas l'existence d'une autre famille, qui plus est chinoise. En effet bien que vivant à Honk-Kong, Adolphe n'avait jamais été confronté à la culture asiatique. Il avait reçu une éducation occidentale et sa mère, qui ne s'était pas adaptée à ce nouveau pays, interdisait toutes sorties et avait recréé l'intérieur d'une maison typiquement alsacienne allant même jusqu'à obstruer les fenêtre avec des posters représentant la campagne française. Le choc pour l'enfant fut, comme on peut l'imaginer, brutal. Mais ce qui perturba le plus le petit Adolphe, fut sa rencontre avec un frère, Bruce, de deux ans son aîné. 
Très vite, Adolphe et Bruce, devinrent les pires ennemis. Adolphe était le souffre douleur de la famille. Et en particulier de son frère. Adolphe ne semblait être doué en rien. Or, tout petit déjà, l'aptitude de Bruce pour les arts martiaux était une évidence. Il s'entraînait beaucoup et souvent sur son cadet.

La jalousie d'Adolphe ne faisait que croître. Sa position de bâtard, ses origines françaises et son incapacités à comprendre ce qu'était des kata, faisaient de lui la risée de la famille et la honte de son père qui le délaissait. Pendant ce temps, Bruce devenait une star montante du cinéma et auréolait sa famille de gloire et de succès.


Adolphe trouva cependant sa voie en devenant l'assistant d'un jardinier. Son seul réconfort il le trouva auprès des plantes et des fleurs. Des années plus tard, sur son lit de mort, il avoua que se sont elles qui lui avaient ordonné de se débarrasser une bonne fois pour toute de ce gêneur de Bruce. Et il se souvenait, avec nostalgie, avoir trouvé ses meilleures alliées dans le jardin même de son père. Se furent les digitales, semées la saison  précédentes, qui lui permirent de préparer le mélange qui causa la crise cardiaque de la star hongkongaise. Le seul regret d'Adolphe fut, et restera, de ne jamais avoir été découvert. Car, tout au long de son amère existence, il essaya, en vain, de faire éclater la vérité. Bruce Lee n'était pas mort de mort naturelle. C'était bien lui, Adolphe, qui l'avait exécuté. Mais son crime était visiblement trop parfait car personne, à aucun moment, ne le cru. Il ne fut qu'un hurluberlu de plus, placé juste derrière les convaincus que Bruce et Elvis coulent des jours heureux dans leur demeure d'Adis Abeba. Et l'heure de gloire, qu'espéra un instant connaître Adolphe, ne sonna finalement pas.

Aujourd'hui encore la question reste entière. Qui était vraiment Adolphe Lee? Personne ne le saura sans doute jamais. Il restera dans l'histoire comme un "rien" avide de reconnaissance, un fils illégitime incapable de s'adapter à la culture dans laquelle il vivait et n'arrivant pas à la cheville d'un demi-frère élevé au rang d'idole.
"Si j'avais su, dit un jour Adolphe Lee à son poissonnier, j'aurais tué John Lennon. Son assassin à lui au moins il est célèbre".


Peu de temps avant de s'éteindre, Adolphe Lee eu comme une illumination. Se remémorant différents moments de sa vie, il réalisa soudain la gêne qu'éprouvaient immanquablement les gens en sa présence. Et il cru enfin voir la raison de sa malchance dans son accession à la reconnaissance, à la renommée. Tout venait de son prénom. Quels Adolphe célèbres pouvait-on citer, mis à part le triste sir universellement connu? Aucun. Tandis que des Bruce célèbre il y en avait des tas: Bruce Lee, Bruce Springsteen, Bruce Wayne, Bruce Willis, et j'en passe.
Et Adolphe Lee pu s'éteindre paisiblement. Au fond, il n'y était pour rien. Tout était la faute de sa mère et du fichu prénom qu'elle lui avait donné. 

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